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Dimanche 14 octobre 2007




Un soleil d'arc en ciel à trois couleurs, jaune, rouge et l'autre plus difficile, trois nuages, trois tâches flottantes, une colombe au milieu et un arbre, tordu aussi, décrépit, que termine ses fleurs, on dirait des conques. C'est là qu'est né l'amour.
La larve se traîne, plus ivre et folle, baveuse d'ennui, elle rie, seule mais bien comprise, ça éblouit. Et il pleut, des lamelles de plaisir viennent l'égorger.
Dans le cercueil tout est sombre et de sang, humide. Ca tousse, la fumée ruiselle en flaques sur les parois laquées. Elle retient ou oublie, la respiration. Un battement de paupières est un voile qui tombe en flammes. Regards à travers une couche d'extase blanche, c'est ça la vitre.
Qui est-ce? Un mollusque apporté par les flots. Un univers solitaire et tourmenté, de quoi faire un corps, un être en fleur, une mer d'odeur ce serait fade à dire, plus que des sensations, à la limite du végétal.
Elle, c'est la fleur, un matin dans les brumes du bois, couchée sur la lierre ou la mousse, étale, les cheveux mouillés, blanche froideur, est allongée là comme enterrée, collée au lit mortuaire; sur la stèle à côté, une inscription, une souche au tronc décomposé, fondu, dit qu'il ne faut la déranger.
Elle repose, ainsi qu'une fée, quand il s'assoit, lentement perdu, opaque, la bouche ouverte et cendrée. Dans son ciel parfumé, la vie est exquise, perverse et meurtrière. Un temps infini et dévastateur coule.
A la pierre glissante il s'accroche, autour dansent les fleurs, bercées par le vent, courbées dans leur flottement monotone. Ondulation, caresse la peau nacrée, un lieu commun pour lui, traqué au fond de l'être, pâle dans son naufrage, les couleurs s'inscrivent, épaisses et élastiques, puis coulent, futiles, des larmes.
Et pourtant, il, tranquille dans son trou de clarté, fraiche, solaire, remue la tête en négation. Le ciel est à crever.
Elle, c'est la fleur
repose ainsi qu'une fée,
dans son ciel parfumé
coulent des larmes pourtant.




Par voyageur anonyme - Publié dans : La séduction des astres - Communauté : L'âme du poète
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