Une ombre ruisselante passe près du puits , s'y penche puis s'y noie. Puis c'est la lune qui tombe dans le puits et le trou s'illumine quand il avale les étoiles. La terre et les arbres se
décollent, se ramassent dans le trou qui aspire tout. Le puits s'aspire aussi. Un instant suspendu de néant absolu et ce puits réapparaît. Tout sort du trou, se remet. Tout réintègre sa place,
arbres, terre et lune, tout est parfait. Une ombre émerge ruisselante du trou et s'éloigne.
Titubant vers la maison dont le toit s'est envolé, vers la purée de nuages, je l'ai vue s'élever, sifflante, comme une bouilloire, disparue un instant mais j'entends son sifflement. Je revois
le point noir d'un coup, qui prend la taille d'une maison, sans forme, qui tombe et s'écrase. J'avance lentement vers ma cabane désintégrée. Des vêtements déchirés achèvent de se poser. Ma veste,
que j'avais perdue!
Allons-nous en, marchons!