Dimanche 12 août 2007




Les corneilles  se fichent de savoir que je les regarde
et pourtant elles le savent




Brindille qui craque
dans le sous-bois
le temps est suspendu




A cet instant
le soleil brille
la terre tourne




Comportons nous en dieu
soyons humains




Par voyageur anonyme - Publié dans : Haïkus - Communauté : L'âme du poète
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Samedi 11 août 2007













Les églantines sur le talus
parfument le sentier
indifférents les moutons passent









Un fou se grattait la tête
en pensant 
quel fou!








Par voyageur anonyme - Publié dans : Haïkus - Communauté : L'âme du poète
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Vendredi 10 août 2007


                                            Nuages
 

Un matin joyeux, la nature se réchauffe. A flanc d’un plateau rocheux dominant la plaine, il y a une grotte.
Avec le temps les racines du chêne qui la surplombe ont fendu la roche.
Elle est dérobée aux regard, perdue dans la végétation et on n’y pénètre que guidé.
Trois ermites ont vécu là
Comme le sable à l’entrée, la vie coule entre les doigts, infiniment.
Assis là
Contemplant la plaine
Contemplant les nuages
Ils me font voyager.
 
De la fontaine, gorgée d’images, au creux des mains trempent leurs lèvres, s’humectent le front et dansent encore, fabuleuses et sacrées, les fées.
 
Un sauvage se rue vers l’ombre, se perd dans le vert feuille moite et ressort inondé de lumière.
 
Le vent me souffle qu’une fleur va éclore près d’ici, blanche au cœur jaune, simple, peu parfumée. Une pâquerette. Nous l’adorerons. Ce culte la fera briller.
Le vent se tait pour ne pas la vexer. Une pluie fine l’arrose.
Puis la fille du soleil vint la butiner dispersant sa semence dorée.
Le premier pétale qui tombe, l’instant le plus beau.
Le vent se remet à souffler
Eparpillant au loin les bouts d’amour
Je sème et répand dit le vent.
 
L’herbe mouillée, les pieds trempés, le ciel est mauve.
Impression d’être moelleux. Comme un nuage cueillant l’aurore.
 
Tout peut disparaître. Rien n’a d’importance.
 
L’horizon est un drap tendu, où l’on projette le monde. 
Il pleut du sable, les océans sont des déserts.
Je suis un ruisseau, sans source, sans marée au bout. De l’eau, une étendue. Je suis une flaque.
 
 Les pommiers sont en fleurs, sous l’œil de la lune on dirait des nuages dans le verger.
C’est peut-être la fin de ce monde au lever du soleil. Un mirage.
Des vers dans ces pommes qui s’écraseront dans l’herbe.
La mort couve et la terre nous accueille.
 
Je me souviens qu’un matin
Le jour s’est levé pour moi.
 
 
 
 
 
 
Par voyageur anonyme - Publié dans : Poèmes du vent d'est - Communauté : L'âme du poète
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Jeudi 9 août 2007


Vers l'été.



Nuit chaude et lente
la flamme d'une bougie ne vacille pas
main douce sur sa joue posée
passage entre rêve et réalité
la voix sucrée murmure l'innocence
la parole soigne

la tête enduite d'obscurité plaide pour la lumière
la chair triste et dure ne pense qu'à s'envoler
pluie de pétales solaires sur mon ombre
jouissance extralucide
je prends le poul de l'univers
l'apocalypse
je suis en mon pouvoir

comme d'habitude la musique perce
les yeux
le miracle a lieu
la terre
n'oublie pas

graines d'ailes à plumes vertes
baton de pluie agitant ses grelots
découvrant la clairière pleurs de beauté
fontaine je bois de l'eau

bronzé je déambule dans la ville qui sent la crème solaire
au bord de la mer
les sexes s'affolent
la sueur

la femme papillon se pose sur mon épaule droite nue dorée
dans le champ magique des herbes sources
cristaux comme le monde
cristal caverne laissant jailler son eau
cristal d'or pur largué par les étoiles
cristal pollen dans l'air
papillon

premier moustique te sirotant le sang
premières cuissons sur la plage
regarde les mouettes planer
impression d'au-delà
captation du monde par le ventre
le fond de l'être
la mer immense foudroie l'espace

j'habite une forêt dense
semée de pierres
une vallée noueuse
percée d'une rivière
je suis un cerf
riche et soyeux
un clapotis de l'eau
gai et joyeux

m'observe un écureuil caché derrière les branches du châtaignier
je l'ai repéré
je suis un cerf bramant sa liberté aux vaches
à la lisière
rapide et insaisissable
dormant couvé par la lune

Arthur je suis voyant
en moi le feu de saint Antonin
la puissance occulte du serpent
l'abeille larme de soleil

barde incandescent
chantre indolent de vers volés aux vents
mes pieds lourds et boueux dans les palais bruyants
foulant légers les prairies fraîches comme la rosée
j'effleure du doigt la chevelure précieuse d'un chêne
murmure au temps ma gratitude d'être emporté par ses flots
lyrique amant des collines et des fées
du reflet du soleil sur l'étang
je me nomme nature, joie et beauté
voilà la vérité

atmosphère de parabole céleste
une cloche retentit
l'innocence frappe à ta porte et tu la laisses entrer








Par voyageur anonyme
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Mercredi 8 août 2007









Allongé dans l'herbe près du lac
une libellule posée sur le front
qui suis-je?







Par voyageur anonyme - Publié dans : Haïkus
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Mercredi 8 août 2007




3


elfe des bois dis donc l'harmonie la nature
le vaste ciel recouvert
dis donc ô roi dis moi
quelle est ma tombe mousse et fougères
quel est mon lit tendre rivière
le jour se lève une symphonie
concert d'oiseaux le bois s'éveille
ne pense pas que la montagne soit plus forte
un corbeau sur l'épaules gauche
ne pense pas que ce bois soit ta tombe
chasseur nocturne sillonne et prie
le roi c'est toi qui parle aux arbres
troncs vénérables
la vie te ronge
sourcier
poursuis
va ne pense pas
chasse les vagues et le vent
les rivages et les champs
aime ton corps
et le silence
être immobile
danser avec l'espace
l'aurore et la rosée
le crépuscule
avoir un peu froid frissonner et se réchauffer près du feu
le sang qui circule
remercie la terre
elle tourne
remercie toi
tes parents ta lignée
merci la vie
la conscience



Par voyageur anonyme - Publié dans : Poèmes du vent d'est
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Mercredi 8 août 2007



2


bienheureux
pape naturel
des saules pleureurs
vaillant pélerin
tourneur en rond
chasseur de rien
je suis le fils du vent
porteur d'ailes
du feu qui gicle
du fond de l'air
esprit en flammes
perdu dans la conscience
dans une vague
d'ailleurs il pleut
c'est la vie
belle à en mourir
il n'y a qu'ici
cette longue ballade
dans une forêt épaisse
avec une rivière
le clapotis de l'eau
et les oiseaux
je suis un petit bout du dieu
qui vit poétiquement


Par voyageur anonyme - Publié dans : Poèmes du vent d'est
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Mercredi 8 août 2007



Visions.


1


le mer est sombre
l'orage gronde
les premières gouttes de pluie sont
celles que je préfère
j'ouvre les bras et présente mon visage

un ami me sourie
savoure l'instant
le courant qui passe

tu as soif bois!

le coeur déformé
rongé par le remord
vermoulu
d'un homme meurt
de ne l'avoir jamais écouté battre

quelle joie
de sentir l'eau couler
dans une gorge desséchée
une main tendue vers le soleil
l'autre plongée dans la terre
à genoux
heureux maintenant
d'être vivant



Par voyageur anonyme - Publié dans : Poèmes du vent d'est
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Mercredi 8 août 2007
Dans les bois.


une figure de style mongol
avec sourire de catacombes
et dents de travers quand la bouche s'ouvre
regarde les pierres qui poussent
qui se recouvrent de mousse

vers d'heures passées
au pied de l'arbre
à le sentir entrer
comme une implosion
giclée de sève qui envahie
geyser de sang
empli de l'arbre
je le sens

il dit ceci
un jour un enfant naîtra
qui ne sera issu d'aucun peuple
et qui a le monde en lui
ce qu'il porte
le condamne à errer
errant jusqu'à ce qu'il s'atteigne
jusqu'à ce qu'il se reconnaisse
monde en lui
et qu'il renaîsse
cet enfant
c'est toi

c'est toi qui erres


Par voyageur anonyme
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